jeudi 5 mai 2011

La vallee des Annapurnas

La piste s'efface lentement a mesure que nous nous enfonçons dans la vallée de la Marsyangdi Nadi. Il continu de faire chaud malgré la proximité du torrent. Depuis quelques jours, les sommets, certainement trop pudiques, se sont pares d'un épais voile de nuages. Nous enrageons car il nous tarde de découvrir les parois vertigineuses qui nous entourent. Vers Dharapani, la vallée s'évase et les forêts de pins refont leur apparition. Enfin, le voile de brume tombe, laissant apparaitre les crocs majestueux de l'Annapurna 2 (7937m) et 4 (7525m).
Avec l'altitude la végétation perd du terrain cédant ainsi la place a la roche. Le vent et la pluie ont sculpté d'étranges formes dans les falaises qui bordent le chemin. Sur ces dernières viennent s'accrocher d'antiques villages en pierre et leurs monastères. Le paysage est si magique que nous avons l'impression d'évoluer dans un livre d'image dont nous tournons chaque jour une nouvelle page.
Après avoir quitte le village-forteresse de Manang, nous dirigeons nos pas vers les estives de Ledar ou d'innombrables troupeaux de yacks paissent sous la surveillance de bergers nomades. L'air se rafraichit et c'est sous la neige que nous atteignons Thorong Phedi. Le lendemain, le ciel a retrouve sa sérénité et nous nous envolons vers notre quatrième col a plus de 5000m : le Thorong La.
Nous quittons la vallée des Annapurnas et entrons au Mustang. Le règne du minéral est désormais établit. Seules subsistent quelques oasis ou les jeunes pousses d'orge viennent contraster avec les ocres des dunes alentours. Partout les lungtas claquent au vent. Nous sommes en terres bouddhistes, dans un ancien royaume qui appartenait jadis au Tibet. Au loin la pyramide du Dhaulagiri vient compléter ce tableau enchanteur !

A Muktinah nous prenons un jour de repos avant de poursuivre notre longue marche vers le Dolpo. Cette région encore appelée "la forteresse dans le château" tant son enclavement est important, va nous amener a la rencontre de ces célèbres caravanes qui amènent le sel du tibet vers les plaines fertiles du sud népalais. Ainsi, l'aventure continue...

C'est par là...
Au sommet du Thorong la (5450m)
Vue sur le Daulaghiri
Kagbeni (Mustang)
Village de Manang

Annapurna 2 (7937m)






lundi 2 mai 2011

Jeu de pistes

Ce matin du 16 Avril, le bus s'éloigne lentement de Kathmandou  laissant derrière lui le brouhaha et la pollution de la capitale. Nous retrouvons avec délectation la sérénité des montagnes népalaises. A Akkhare Bazar, nous renouons avec la marche. Les sacs, remplis de toutes les bonnes choses que nous ont apporté les parents d'Hélène, nous paraissent trop lourds. Nous nous attelons donc (avec une certaine méthode !) à régler rapidement leur compte a tous les chocolats et autres sucreries...
 La région étant très peu touristique, il n'existe pas de véritable chemin de trekking. Ainsi nous évoluons souvent sur de petites sentes reliant les villages entre eux. Parfois ces dernières s'effacent ou viennent se perdre dans les rizières. Très souvent il nous faut improviser avec le relief mais toujours nos pas nous amènent dans la bonne direction. Il est désormais certain que tout la-haut brille une bonne étoile pour les voyageurs a pied.

Peu après Kimtan, la piste succède aux sentiers. L'altitude modeste a laquelle nous évoluons engendre de fait une augmentation significative du mercure. Des 10 heures du matin, le soleil de plomb rend l'air aussi chaud qu'un feu de forge. Nous suons toute l'eau de notre corps en arpentant des jours durant ces chemins de poussière. Pendant ces heures monotones ou chaque caillou ressemble au précèdent nous parlons peu. Des lors chacun s'extrait dans un monde intérieur qui lui est propre, égrenant ainsi les kilomètres comme on tourne les perles d'un chapelet. Le soir, lorsque nos muscles cessent de nous porter, nous quémandons un repas et un toit pour la nuit, ce que l'on ne nous refuse jamais !

Enfin, après 10 jours d'effort, nous arrivons enfin a Besisahar. Cette petite ville marque notre entrée dans la région des Annapurnas. La piste s'arrête ici. Une page se tourne. Une nouvelle aventure commence...

vendredi 15 avril 2011

Anniversaire et jour de l'an !

Cette nuit du 13 avril les népalais changeaient d'année. Moi j'en laissait une derrière moi... C'est donc avec la famille a Hélène (Pierre et Dominique sont arrives le 14), Chandra, Sarita et Kumar que nous avons dignement fêté ces deux événements avec une belle table, quelques bières et de délicieux momos (raviolis tibétains).

Notre séjour dans la Vallée de Kathmandou touche désormais a sa fin et il nous faut reprendre la sente. Les jambes trépignent d'impatience. Demain nous prenons le bus pour Trisuli (Nord de Kathmandou), renouant ainsi avec la quiétude des campagnes népalaises. De la, nous marcherons en direction des Annapurnas, la magie des 8000 agissant comme un aimant pour ceux qui les ont un jour touche du regard !


Photo de famille

mercredi 13 avril 2011

La vallee aux mille temples

Il est loin le temps ou le centre de Kathmandou s'apparentait a un gros village. Les Babas cool en quête de spiritualité s'en sont allés vers d'autres horizons! Désormais, la ville bat au rythme frénétique du capitalisme...
La circulation y est anarchique et la pollution suffocante. Bien loin du cliche romantique que nous nous faisions de la cité, nous découvrons a notre arrivée une capitale semblable a tant d'autres a travers l'Asie : surpeuplée, bruyante, parfois crasseuse...

Pour entrevoir les charmes de la vallée il est nécessaire de se perdre dans les ruelles, de s'écarter un peu du centre économique. Les trésors sont souvent noyés sous les récentes couches de béton. Il faut ouvrir l'œil !
Peu a peu nous apprivoisons cette ville que nous trouvions si laide a notre arrivée. Nos excursions aux temples de Swayanbunath et Pashupatinath interpellent notre curiosité de voyageurs. Les pratiques religieuses, qu'elles soient bouddhistes ou hindous, sont pour nous totalement nouvelles. Difficile de s'y retrouver avec tant de Dieux, de rites et de légendes si différentes. Nous assistons même a des crémations sur les ghats du Temple d'or. Le Bagmati (la rivière qui traverse la capitale) se jetant dans le Gange, les crémations y ont la même valeur qu'a Benarès (Inde).
Fatigués par tant d'agitation, nous décidons de passer quelques jours a Bhaktapur, ancienne capitale du Royaume et ville d'Art. Le choix s'avère excellent. Ses ruelles pavées abritent quelque uns des plus beaux temples du Pays. Les Newars (ethnie) y ont sculpté de véritables œuvres d'art. En déambulant dans les vieux quartiers nous sommes les témoins d'authentiques scènes de vie et de plusieurs fêtes locales (le nouvel an népalais approchant). Les habitants vivent ici encore comme il y a plusieurs siècles et c'est un spectacle fantastique que de voir travailler les potiers, les sculpteurs sur bois, les peintres, etc.



Lumières divines


Bouddha nourrissant les pigeons !


Stupa


Statue de Shiva sur un temple


Marchand de fleurs a Durbar Square


Saddhu


Crémation à Pashupatinath


Séchage des poteries


Fabrication artisanale


Fête religieuse a Bhaktapur

samedi 9 avril 2011

La longue descente vers Kathmandou

Après tant d'efforts et de souffrances physiques, la vallée du Rollwaling nous apparait comme le jardin d'Eden. La longue descente vers la capitale va commencer ! En perdant de l'altitude nous renouons avec le végétal. Ce sont d'abord les genévriers puis les pins qui refont leur apparition et égayent le paysages. La brume qui s'est installée sur les montagnes confèrent aux lieux  un caractère mystique, presque surnaturel. Le torrent de la Rollwaling Khola est tumultueux et nous devons le franchir a plusieurs endroits, par l'intermédiaire de ponts en bois d'un autre âge. Nous rejoignons bientôt le cours de la Tama Koshi River. De là une piste (en construction) va nous permettre de rallier Charikot en quelques jours. Oubliées les solitudes glacées des hauts cols d'altitude. Ici le printemps a bel et bien chassé l'hiver. Dans les champs le blé vert ondule sous le vent. Les Rhododendrons sont en fleurs. Nous savourons à leur juste valeur les douces caresses que viennent déposer sur nos joues chaque rayons de soleil.

Charikot marque la fin d'une étape. Désormais nous n'avons plus de cartes pour la suite du parcours. Pour rallier Kathmandou il va nous falloir utiliser la boussole, les astres, et les locaux ( ces derniers s'avèrent les moins fiables !). Dans ce dédale de collines, cols, terrasses cultives, forets nous errons 2 jours durant avant de retrouver un chemin carrossable. Pas trop le choix : sans carte précise rallier la capitale s'avère trop pénible. Nous prenons donc le bus a Attapur. 5 heures (de bus local) nous serons nécessaires pour rallier la capitale. Après 2 mois de voyage, il nous tarde désormais de nous délasser les muscles (et les esprits) pendant 2 bonnes semaines. Ensuite il nous faudra reprendre notre itinérance vers l'ouest, toujours sur le fil des Himalayas !


Village d'estive de Na


Rollwaling


Yackman


Village de Piguti le long de la Tama Koshi



A travers les blés tendres


Préparation du Rakshi ( alcool local a base de riz)


Pris dans une fête locale maghar !-)