vendredi 15 avril 2011

Anniversaire et jour de l'an !

Cette nuit du 13 avril les népalais changeaient d'année. Moi j'en laissait une derrière moi... C'est donc avec la famille a Hélène (Pierre et Dominique sont arrives le 14), Chandra, Sarita et Kumar que nous avons dignement fêté ces deux événements avec une belle table, quelques bières et de délicieux momos (raviolis tibétains).

Notre séjour dans la Vallée de Kathmandou touche désormais a sa fin et il nous faut reprendre la sente. Les jambes trépignent d'impatience. Demain nous prenons le bus pour Trisuli (Nord de Kathmandou), renouant ainsi avec la quiétude des campagnes népalaises. De la, nous marcherons en direction des Annapurnas, la magie des 8000 agissant comme un aimant pour ceux qui les ont un jour touche du regard !


Photo de famille

mercredi 13 avril 2011

La vallee aux mille temples

Il est loin le temps ou le centre de Kathmandou s'apparentait a un gros village. Les Babas cool en quête de spiritualité s'en sont allés vers d'autres horizons! Désormais, la ville bat au rythme frénétique du capitalisme...
La circulation y est anarchique et la pollution suffocante. Bien loin du cliche romantique que nous nous faisions de la cité, nous découvrons a notre arrivée une capitale semblable a tant d'autres a travers l'Asie : surpeuplée, bruyante, parfois crasseuse...

Pour entrevoir les charmes de la vallée il est nécessaire de se perdre dans les ruelles, de s'écarter un peu du centre économique. Les trésors sont souvent noyés sous les récentes couches de béton. Il faut ouvrir l'œil !
Peu a peu nous apprivoisons cette ville que nous trouvions si laide a notre arrivée. Nos excursions aux temples de Swayanbunath et Pashupatinath interpellent notre curiosité de voyageurs. Les pratiques religieuses, qu'elles soient bouddhistes ou hindous, sont pour nous totalement nouvelles. Difficile de s'y retrouver avec tant de Dieux, de rites et de légendes si différentes. Nous assistons même a des crémations sur les ghats du Temple d'or. Le Bagmati (la rivière qui traverse la capitale) se jetant dans le Gange, les crémations y ont la même valeur qu'a Benarès (Inde).
Fatigués par tant d'agitation, nous décidons de passer quelques jours a Bhaktapur, ancienne capitale du Royaume et ville d'Art. Le choix s'avère excellent. Ses ruelles pavées abritent quelque uns des plus beaux temples du Pays. Les Newars (ethnie) y ont sculpté de véritables œuvres d'art. En déambulant dans les vieux quartiers nous sommes les témoins d'authentiques scènes de vie et de plusieurs fêtes locales (le nouvel an népalais approchant). Les habitants vivent ici encore comme il y a plusieurs siècles et c'est un spectacle fantastique que de voir travailler les potiers, les sculpteurs sur bois, les peintres, etc.



Lumières divines


Bouddha nourrissant les pigeons !


Stupa


Statue de Shiva sur un temple


Marchand de fleurs a Durbar Square


Saddhu


Crémation à Pashupatinath


Séchage des poteries


Fabrication artisanale


Fête religieuse a Bhaktapur

samedi 9 avril 2011

La longue descente vers Kathmandou

Après tant d'efforts et de souffrances physiques, la vallée du Rollwaling nous apparait comme le jardin d'Eden. La longue descente vers la capitale va commencer ! En perdant de l'altitude nous renouons avec le végétal. Ce sont d'abord les genévriers puis les pins qui refont leur apparition et égayent le paysages. La brume qui s'est installée sur les montagnes confèrent aux lieux  un caractère mystique, presque surnaturel. Le torrent de la Rollwaling Khola est tumultueux et nous devons le franchir a plusieurs endroits, par l'intermédiaire de ponts en bois d'un autre âge. Nous rejoignons bientôt le cours de la Tama Koshi River. De là une piste (en construction) va nous permettre de rallier Charikot en quelques jours. Oubliées les solitudes glacées des hauts cols d'altitude. Ici le printemps a bel et bien chassé l'hiver. Dans les champs le blé vert ondule sous le vent. Les Rhododendrons sont en fleurs. Nous savourons à leur juste valeur les douces caresses que viennent déposer sur nos joues chaque rayons de soleil.

Charikot marque la fin d'une étape. Désormais nous n'avons plus de cartes pour la suite du parcours. Pour rallier Kathmandou il va nous falloir utiliser la boussole, les astres, et les locaux ( ces derniers s'avèrent les moins fiables !). Dans ce dédale de collines, cols, terrasses cultives, forets nous errons 2 jours durant avant de retrouver un chemin carrossable. Pas trop le choix : sans carte précise rallier la capitale s'avère trop pénible. Nous prenons donc le bus a Attapur. 5 heures (de bus local) nous serons nécessaires pour rallier la capitale. Après 2 mois de voyage, il nous tarde désormais de nous délasser les muscles (et les esprits) pendant 2 bonnes semaines. Ensuite il nous faudra reprendre notre itinérance vers l'ouest, toujours sur le fil des Himalayas !


Village d'estive de Na


Rollwaling


Yackman


Village de Piguti le long de la Tama Koshi



A travers les blés tendres


Préparation du Rakshi ( alcool local a base de riz)


Pris dans une fête locale maghar !-)

jeudi 31 mars 2011

Tashi Lapsa : l'Ogre du Khumbu.

A Namche Bazaar, impossibilité de trouver un guide pour traverser la passe du Tashi Lapsa. Les excuses fusent : trop difficile, trop de neige, trop dangereux, pas assez rentable, etc. La vérité est que tous sont occupés a promener les touristes vers le camp de base de l'Everest. On nous conseil donc d'aller ( voir ailleurs si j'y suis !) tenter notre chance du côté de Thame. Nous retournons donc sur nos pas en quête d'un guide et d'un porteur. A Phurte, Thuk Ten nous propose ses services ainsi que ceux d'un de ses ami guide. Nous faisons donc la connaissance de Dawa Tenzing. Ce dernier a quelques jours de libres avant d'attaquer la saison sur le toit du monde qu'il a d'ailleurs déjà atteint par deux fois. Nous partons donc sereins vers les alpages de Thengpo.
Nuit courte et départ à la frontale : il nous faut partir tôt pour éviter les chutes de pierres ! Peu a peu la sente s'efface pour laisser la place a un pierrier. La pente se redresse. Par un petit couloir puis un système de vires nous évitons la cascade de glace qui barre l'accès au col. Sitôt le glacier atteint, il nous faut nous encorder.
Le souffle devient court et chaque pas est une victoire de la volonté sur l'esprit. Nous atteignons enfin le col peu avant 11 heures.Les lupkas claquent sous les rafales glaciales. Pas le temps de s'émouvoir si nous ne voulons pas finir au rayon surgelés de chez Piccard !-)
Désormais les crevasses font leur apparition. Elles sont béantes, n'attendant qu'un de nos faux pas pour nous engloutir. Nous atteindrons le premier bivouac après avoir erré plusieurs heures comme des automates sur les blocs instables.

La nuit a 5000 mètres sera glaciale, hantée par les craquements sinistres du glacier. Au réveil, un sérac se décroche de la paroi qui nous fait face. Le blaste de l'avalanche qui s'ensuit balaye avec furie la première moitié de la moraine; cette même moraine que nous nous aprêtons a traverser. La montagne nous lance un premier avertissement. Toute la journée nous vivrons un véritable enfer a chercher une issue dans ce chao de glace et de roc. Nous y laissons des écorchures au genou et a l'avant bras : le prix a payer pour oser défier les titans.
En fin d'après midi la neige se met a tomber. Toute la montagne résonne des avalanches de pierres. Nous sommes forces a bivouaquer car nous n'y voyons plus rien !

Au lendemain, le ciel retrouve sa sérénité. Nous fuyons au plus vite ces parages et retrouvons, à la mi-journée, le monde des Hommes au village de Na. Nous sommes fatigués a l'extrême. Le Tashi Lapsa se fait désormais souvenir... Mais personne ne nous y reprendra : plus jamais de col comme celui-là !



En route vers les alpages de Thengpo


Pause déjeuner sous le col


Crevasse


Labyrinthe de roc et de glace


En compagnie de Sunil, compagnon de marche durant le franchissement du Tashi Lapsa

mercredi 30 mars 2011

Entre ciel et terre...

Nous avons quitte Lukla le 9 mars, poussant ainsi les portes de la haute altitude. Le cours de la Dudh Koshi (rivière de lait) allait nous amener jusqu'à la ville de Namche Bazaar, première étape de notre acclimatation. Nous y organisons la suite du parcours ( achat de vivres, carburant, lessive, planification de l'itinéraire) avec la même minutie qu'une véritable expédition. Nous y contemplons aussi pour la première fois la pyramide sommitale de l'Everest : magique ! Nous quittons la ville le 11 mars, par un petit sentier, le même qu'ont emprunté tant de légendes de l'alpinisme. Une fois de plus nous nous sentons fourmis, écrasés par tous les exploits qui se sont déroulés en ces lieux. Notre ascension se fait lente, prudente. Peu a peu le végétal cède la place au minéral. Les sommets alentours exhibent fièrement leur étincelante blancheur. Les chortens fleurissent a mesure que nous nous élevons : peut être le signe qu'il va falloir compter sur les dieux pour franchir les cols a venir ?
 A Dingboche, nous reprenons un jour de repos. L'oxygène se fait désormais rare et il est nécessaire de laisser a nos corps le temps de produire des globules supplémentaires. Malgré notre vigilance et notre extrême lenteur, le mal des montagne me frappe vers 4800m. Pas d'autre alternative que de redescendre. C'est la retraite ! Le moral en prend un coup. La fierté aussi. Juste envi de pleurer...
La nuit suivante est réparatrice. Elle gomme les maux et les doutes. Nous reprenons notre ascension et franchissons le Chola Pass (5368m). Nous exultons ! Les Dieux sont vainqueurs. Dans le descente le brouillard nous surprend. Nous nous perdons, mais un yackman nous remet dans la bonne direction. Nous arriverons au refuge complètement exténués. La chaleur du poêle et un bon repas chaud seront notre récompense.
Deux jours plus tard, nous avalons le Renjo Pass (5340m). Le panorama s'étend sur l'Everest, le Nuptse, le Lothse, le Makalu, le Cho Oyu et bien d'autres sommets encore. Nous ne sommes plus vraiment sur la terre ferme, pas tout à fait dans le ciel, juste sur un petit nuage...
Le lendemain nous rallions Namche au terme d'une journée marathon, clôturant ainsi le "trek des 3 cols" en une dizaine de jours. Désormais il nous faut à nouveau poursuivre notre itinérance vers l'ouest. Le Tashi Lapsa (5755m) sera notre prochain défi : il nous ouvrirait les portes du Rolwaling et nous permettrait de rallier Kathmandou juste a temps pour accueillir les parents d'Hélène.


Namche Bazaar sous la neige



Caravane de yacks




l'Ama Dablam (6860m)


Contemplation devant la face nord du Tawoche


Chola Pass (5368m)


Itinérance morainique


Panorama depuis les flancs du Renjo Pass


Sommet du Renjo Pass (5340m)


La pyramide sommitale de l'Everest